1ère partie : habillement et équipment
Sommaire :
L'uniforme "napoléonien" a été conçu pour rendre le soldat plus impressionnant et obtenir un effet psychologique propre à démoraliser l'ennemi. Au combat, cette seule arme pouvait suffire car les affrontements étaient souvent affaire de moral et d'état d'esprit. Une charge à la baïonnette aboutissait rarement à un corps à corps, l'un des belligérants préférant le plus souvent suspendre les hostilités avant tout contact physique : en règle générale, soit l'attaquant se figeait sur place, soit le défenseur faisait volte-face et battait en retraite.
L'uniforme n'était pas conçu pour rendre la vie du soldat facile et confortable. Je vous invite à nous rejoindre, ne serait-ce que quelques heures, et à porter des vêtements de laine par une chaleur étouffante ou éprouver leur absence d'imperméabilité par une journée glaciale et pluvieuse. Vous pourrez constater que porter un grand "seau" de cuir et de feutre sur la tête, des vêtements de laine chauds et étroits, des chaussures usées, un sac à dos aux lanières étroites, une giberne, un sabre et un fusil de 4,3 kg (ou un tambour de 6 kg) n'a rien d'une partie de plaisir. Ne me demandez pas pourquoi nous pratiquons cette activité...
Je vais maintenant tâcher de décrire les différentes pièces d'habillement et d'équipement qui constituent l'uniforme du fusilier. Chaque fois que ce sera possible, j'ajouterai des illustrations. Je commencerai par décrire ces effets de la tête aux pieds puis je poursuivrai par les autres pièces d'équipement portées par le fusilier.
A la fin de l'article, je concluerai par quelques conseils aux reconstitueurs pour la fabrication de leur uniforme.
L'uniforme porté par les fusiliers du 85e reconstitué 1812-1815 (Waterloo) est aussi appelé uniforme Bardin. Il a été créé pour résoudre les problèmes posés par l'ancien uniforme à longues basques et homogénéiser l'aspect des unités, de nombreux régiments ayant progressivement modifié des détails de leur tenue au cours du temps. L'uniforme Bardin fut introduit à partir de 1812 et quelques unités l'ont peut-être reçu en dotation avant la campagne de Russie. Toutefois, la plupart des régiments ont entamé cette campagne dans leurs anciens uniformes... et regagné la France dans des haillons informes. Même à Waterloo, certaines unités portaient encore le vieil habit 1806 à longues basques sur le gilet sans manches et le shako orné d'une plaque en forme de losange.
Gardez à l'esprit que je vais décrire l'uniforme et l'équipement que nous portons, dans le cadre d'un régiment d'infanterie de ligne à partir de 1812. Les uniformes de l'infanterie légère, de la cavalerie, de la garde, etc. étaient à la m&ec rc;me époque légèrement ou radicalement différents.
Aux XVIIIe et XIXe siècles, il était inconcevable de ne pas porter de couvre-chef. Je conjure les membres du régiment et les autres reconstitueurs de toujours porter une coiffe - le plus souvent leur pokalem ou leur bonnet de police, le shako étant réservé à la grande tenue, aux parades, aux combats, aux gardes et aux sorties en présence de civils.
Shako.
Son nom est tiré du mot polonais czapka qui signifie chapeau.
Constitué de cuir et de feutre, équipé d'une visière,
il mesure 20,2 cm de haut. Il est destiné à amortir les coups
de sabre donné de haut en bas et à rendre le soldat plus grand
et plus impressionnant. Sur la partie frontale du shako se trouve la plaque
(voir ci dessous). Spécifique à notre période, elle représente
une aigle couronnée surmontant un bouclier antique en forme de demi-lune
et porte le numéro du régiment en chiffres évidés.
De chaque côté du shako se trouvent les jugulaires
constituées de plaques de laiton fixées sur des bandes de cuir.
Elles sont généralement portées vers le haut, le lacet
se trouvant à leur extrémité noué autour de la
tige du pompon. Au combat, elles sont portées "en bataille",
c'est-à-dire rabattues sur les joues et nouées sous le menton,
pour protéger le visage des coups de sabre latéraux.
et
des projections de poudre des voisins dans la ligne. Au sommet du shako se
trouve un pompon, dit houppette, dont la couleur indique la
compagnie : il est vert dans la première compagnie, azur (bleu
ciel) dans la deuxième, aurore (orangé) dans la troisième
et violet dans la quatrième. Les grenadiers portent un plumet, dit
aigrette, rouge et les voltigeurs une aigrette jaune. Les officiers et les
soldats attachés à l'état-major portent des aigrettes
et des pompons blancs.
Au-dessus de la plaque figure la cocarde française tricolore.
A l'intérieur du shako, le soldat range son couvre-shako.
Constitué de toile cirée blanche, grise, noire ou beige, il
recouvre entièrement la coiffe et permet de protéger la nuque.
Il porte souvent le numéro du régiment peint sur le devant.
Les soldats dissimulaient dans leur coiffe d'autres objets, comme leur pipe,
leur tabac, leurs couverts, etc...
Pokalem ou bonnet de police.
Son nom signifie "casquette" en polonais.
Le pokalem remplace le bonnet de police dès 1812.
C'est une coiffe de drap bleu (vert pour les tambours), avec des revers et
une visière passepoilés de rouge boutonnés vers le haut.
Sur cette visière figure le numéro du régiment en chiffres
de drap rouge. Par temps froid, les revers peuvent être rabattus sur
les joues et la nuque puis boutonnés sous le menton. Le pokalem est
souvent porté pour dormir ou lorsque la température se fait
extrêmement basse.
Les bonnets de police du modèle précédent étaient
parfois encore portés, le plus souvent par les officiers et les sapeurs.
Lorsqu'il n'est pas porté, le pokalem ou le bonnet est roulé
et attaché à l'aide de sangles sous la giberne, le numéro
du régiment clairement visible.
En 1813 et 1814, un grand nombre de nouvelles recrues ne portaient que le
pokalem au combat car les problèmes logistiques ainsi que la
pénurie de cuir et de feutre rendaient la distribution de shakos difficile.
Pour l'homme des XVIIIe et XIXe siècles, il est indécent d'exhiber son cou. J'implore tous les membres et reconstitueurs de toujours le couvrir, que ce soit avec un simple bout de tissu ou une cravate. Chaque soldat recevait deux cols noirs et un col blanc. Le col noir est un accessoire inconfortable constitué de tissu noir passepoilé de blanc et doublé de carton. Sa fonction est de redresser la nuque afin d'arborer un port plus élégant. Les Français étaient plus chanceux que les Anglais : aucun officier ne se montrait assez sadique pour imposer à ses soldats le port du col de cuir noir rigide en vigueur dans l'armée britannique. En campagne, le col noir est fréquemment remplacé par des foulards de toutes couleurs et tous matériaux. Un soldat recherche toujours son confort personnel.
Habit-veste
L'habit-veste est la veste de l'uniforme. C'est un habit étroit
de drap de laine bleu marine comportant de courtes basques (par opposition
à celles de l'habit long qui l'a précédé)
à retroussis blancs, un col rouge passepoilé de bleu, des parements
rouges à pattes bleues passepoilées de blanc, de fausses poches
de basques passepoilées de rouge, un plastron blanc passepoilé
de rouge et de simples pattes d'épaule à trois pointes passepoilées
de rouge. Le plastron peut être refermé sur la poitrine et boutonné
si nécessaire. En temps normaux, il se ferme au centre grâce
à des agrafes. Les boutons portent le numéro du régiment.
Chaque habit en comporte 22 du petit modèle et 8 du grand. Il est doublé
de toile de lin et comporte une poche à l'intérieur de la basque
droite. Quatre "N" couronnés bleus ornent les retroussis.
L'habit-veste des tambours et des fifres, souvent appelé livrée
impériale, est d'un modèle particulier. Il est
de drap vert, ne possède pas de revers et ferme sur le devant au moyen
de 9 gros boutons. Ses ornements de retroussis sont identiques à ceux
des soldats. Il est orné de plus de 15 mètres de galon de livrée
impériale représentant, sur fond vert, des N et des aigles alternés
sur écusson jaune, alignés soit horizontalement, soit verticalement.
L'uniforme peut comporter des galons de grade : 2 galons jaunes sur fond rouge sur chaque manche pour les caporaux, un galon or sur fond rouge sur chaque manche pour les sergents et 2 galons or sur fond rouge sur chaque manche pour les sergents-majors. Les fourriers portent un galon supplémentaire en haut de la manche. Peuvent encore figurer des galons de service (1 par période de 7 ans de service, limités à 3) cousus sur la partie supérieure de la manche gauche.
Gilet à manches
Le
gilet est une courte veste de drap blanc, à parements, pattes d'épaules
et col bleus, sans passepoil, comportant deux poches extérieures sur
le devant. La poche gauche est fausse, la droite est vraie. Le gilet est doublé
de toile de lin. Les boutons peuvent être régimentaires (comme
pour l'habit), en bois, en corne ou en métal. Compte tenu de ses dimensions,
le gilet peut être porté sous l'habit sans être visible.
Le gilet des tambours et des fifres est identique à celui des fusiliers, avec un col, des parements et des pattes d'épaules vertes.
Capote
La capote est un grand manteau de drap de laine doublé de toile
de lin comportant des boutons d'étoffe, c'est-à-dire recouverts
de tissu. Elle était portée sur l'habit-veste et peut en outre
servir de couverture. Si la capote ne fut officiellement introduite qu'en
1806, elle était fréquemment portée depuis de nombreuses
années : le soldat est un animal doué d'une formidable
capacité d'adaptation lorsqu'il s'agit de son confort personnel. Le
réglement prévoit un manteau croisé de drap beige fermant
à l'aide de 4 boutons mais, dans la pratique, diverses coupes et couleurs
ont été adoptées, du gris au brun en passant par le bleu
marine, bien que cette dernière couleur ait été théoriquement
réservée à la garde, à la marine et à
l'artillerie. En 1813 et 1814, les recrues n'ont bien souvent réçu
que la capote pour seul habit, la pénurie de tissu et de teinture rendant
toute autre distribution difficile.
Pantalon de tricot ou d'étoffe
Ce pantalon de laine blanche et extensible (comparable au jersey ou à
la flanelle) est porté lors des cérémonies et autres
grandes occasions. Lorsqu'il fait froid, les soldats le portent parfois sous
le pantalon de toile. Selon le réglement, il descend jusqu'aux chevilles
et doit être porté sous les guêtres. En pratique, il était
souvent coupé sous le genou, seule une courte partie étant glissée
à l'intérieur des guêtres. Il s'ouvre sur le devant grâce
à un large revers central boutonné sur les côtés
appelé pont et ne comporte ni fermeture éclair (bien
évidemment !), ni braguette à boutons.
Pantalon de toile
Ce très large pantalon de service, de campagne ou de combat, généralement
de lin, de calicot ou de toile, non teint, de confection rustique et robuste,
comporte lui aussi un large revers sur le devant. Il est parfois roulé
ou attaché autour des chevilles avec de la ficelle pour éviter
que la boue ou la poussière ne s'y introduisent.
Tous les pantalons comportent des boutons extérieurs au niveau de la ceinture afin d'y fixer des bretelles.
Demi-guêtres noires
Elles sont revêtues avec la tenue de parade. Elles s'arrêtent
au genou, sont faites de laine noire, se ferment à l'aide de 20 à
22 boutons par guêtre et sont retenues par une lanière de cuir
attachée sous le soulier.
Demi-guêtres grises
Revêtues avec la tenue de service, ces guêtres de lin ou de toile
non teints sont fermées par 1 dizaine de boutons de bois et retenues
par une lanière de cuir fixée sous le soulier.
L'appellation demi-guêtre marque la distinction avec les anciennes guêtres qui couvraient le genou, toujours en usage dans la Garde. L'uniforme Bardin prévoit des guêtres plus courtes qui n'atteignent que le dessous du genou. Cette disposition ne fait qu'officialiser l'habitude prise par les soldats de couper leurs guêtres sous le genou : un exemple entre mille d'habitude imposant une évolution du réglement officiel.
Les deux types de guêtres comportent une lanière de cuir qui se fixe au bouton le plus bas et passe sous la semelle du soulier. Elle maintient la guêtre et empêche tout objet importun de s'y introduire. Vu l'état général des souliers, et en me basant sur ma propre expérience, elles permettent bien souvent de retenir la semelle sous le pied...
Caleçon de toile
Bien que peu employés par les classes les plus modestes, l'armée
fournissait aux soldats des caleçons longs qui étaient généralement
portés pour lutter contre le froid et dans le but d'éviter de
salir le pantalon. De toile ou de coton, ils comportaient un bouton et une
cordelette autour de la taille ou à l'arrière pour en régler
la taille. Ils ressemblaient aux bas de pyjama modernes.
Chemises
Les soldats recevaient trois chemises de lin non teint qu'ils utilisaient
un peu comme nos t-shirts modernes. Ils les portaient constamment, quelle
que soit leur tenue, et dormaient avec. Considérant qu'ils ne possédaient
que trois chemises et que les occasions de les laver n'étaient pas
très fréquentes... Bon, je laisse travailler votre imagination.
Chaussures et bas
Souliers
Entièrement faits de cuir, ces souliers à bout carré
sont identiques et portés sans distinction au pied gauche ou au pied
droit. Les soldats sont encouragés à changer régulièrement
de côté afin d'éviter l'usure. Elles ferment soit grâce
à une boucle de métal, soit grâce à un lacet. Les
semelles de cuir adhéraient mal aux surfaces mouillées, notamment
sur l'herbe, et étaient donc fréquemment ferrées. Le
nombre de clous et leur disposition ne faisait l'objet d'aucune réglementation.
Les chaussures constituaient les pièces d'équipement les plus
sujettes à l'usure et une certaine pénurie a toujours existé
en la matière. En conséquence, après quelques semaines
de campagne, les soldats "réquisitionnaient" chaque fois
que c'était possible des chaussures civiles, portaient des souliers
fabriqués par leurs soins, complètement usés, des sabots
de bois, des paquets de linge tenus par de la ficelle ou marchaient tout simplement
pieds nus.
Demi-bas
Les soldats recevaient plusieurs paires de bas de coton montant jusqu'au genou.
Comme les demi-bas avaient la même tendance que les souliers à
s'user rapidement, ils portaient tout ce qui leur tombait sous la main ou
pas de chaussettes du tout dans leurs souliers... s'ils avaient la chance
d'en posséder.
Havresac
Le sac à dos réglementaire est fait de peau de veau ou de vache
généralement brune. Il comprend deux compartiments, ferme à
l'aide de trois sangles et de boucles en laiton et se porte sur les épaules
grâce à deux bretelles blanches fixées à des boutons
de bois situés au bas du sac. En haut, on fixe la capote roulée
grâce à 2 sangles latérales et une troisième sangle
centrale qui fait tout le tour du sac.
xxx A l'intérieur du havresac, le soldat range toute ses possessions :
vêtements (tout ce qu'il ne portait pas, caleçons, chemises,
pantalons), cartouches, objets personnels (savon et serviettes, lunettes si
nécessaires, matériel de rasage, cirage, nécessaire à
blanchir ou à nettoyer le laiton, couteau, cartes, argent, herbes,
sel, poivre, ...). Tout ce que le havresac du soldat ne pouvait pas contenir
était accroché à l'extérieur : chaussures
de rechange, sabots, bidons et marmites lorque c'était à son
tour de les porter, bois sec et nourriture.
L'existence d'une housse destinée à protéger la capote
attachée au havresac est contestée. Les indices iconographiques
sont peu probants et elle n'est mentionnée dans aucun réglement.
Certains groupes de reconstitution l'utilisent, d'autres non.
Giberne
C'est la boîte où sont rangées les cartouches. C'est une
boîte de cuir comportant un grand revers et contenant des renforts de
bois. Elle est divisée en compartiments : 2 grands de forme carrée
contenant chacun 15 cartouches, 6 trous percés au milieu contenant
5 cartouches prêtes à tirer et une bouteille d'huile. D'autres
cartouches étaient rangées dans le havresac. Le matériel
de nettoyage du fusil, les silex de rechange, le silex en corne ou en bois
destiné à l'entraînement et le tournevis se trouvent dans
la petite poche à l'extérieur de la giberne ou à l'intérieur
de la boîte.
Le revers de cuir de la giberne est décoré d'un N couronné
de laiton. Grâce à son poids, cet ornement permet au revers de
se rabattre vers le bas naturellement, même lorsque la giberne n'est
pas fermée avec la boucle. A l'intérieur du revers se trouve
un autre revers plus fin en guise de sécurité.
En campagne, la giberne est souvent protégée par un couvre-giberne
en lin non teint qui enveloppe le grand revers.
La giberne est portée sur l'épaule gauche grâce à
une banderole ou porte-giberne et elle est fixée grâce à
une courte sangle de cuir appelée martingale à un bouton
à l'arrière de l'habit, de la capote ou du gilet afin d'éviter
le balottement de la boîte pendant la marche. La banderole de giberne
est équipée d'un fourreau de baïonnette retenu par une
sangle de cuir et une boucle de laiton. Sous la giberne se trouvent 2 sangles
de cuir équipées de boucles de laiton pour attacher le pokalem.
Toutes les sangles étaient faites de buffle, la partie rugueuse vers
l'extérieur, que les soldats passaient des heures à blanchir
avec une mixture de terre de pipe, d'orge, de bleu hollandais et d'autres
ingrédients. En outre, ils s'échinaient à faire briller
toutes les pièces de laiton de l'uniforme. Sans compter l'entretien
du fusil....
Bidon
De nombreuses variétés de récipients sont portés
par les soldats. Fer blanc, verre couvert d'osier, cuir, bouteilles en bois
ou vraies gourdes pélerines (variété de courge séchée
et évidée) étaient portés avec une cordelette
ou une courroie sur l'épaule droite.
Equipement non réglementaire
Les soldats portaient souvent des effets non prévus par le réglement
mais utiles en campagne.
L'usage du sac à pain est contesté. Il existe peu de preuves de son existence dans l'iconographie du temps mais il était fréquemment utilisé dans les autres armées pour transporter la nourriture et certains petits objets. Les soldats sont prompts à rafler tout ce qui leur tombe sous la main... Il aurait été porté sur l'épaule droite, posés sur la hanche gauche.
Les mitaines étaient fréquemment portées par temps froid. Ces gants sont dépourvus de doigts afin de ne pas gêner le chargement de l'arme. Des mitaines de cuir pouvaient être portées sur les mitaines, la droite attachée à la manche par une ficelle, afin de pouvoir la retirer si nécessaire sans se soucier de la perdre. Il existe une célèbre illustration du maréchal Ney procédant de la sorte au passage de la Bérézina.
Fusil et baïonnette

Dans l'idéal, chaque soldat reçoit un fusil et sa baïonnette.
Le fusil comporte une bretelle de buffle destinée transport lors des
longues marches. Par temps de pluie, les soldats utilisaient un bouchon de
bois ou de liège pour boucher le canon et utilisaient de vieux chiffons
pour protéger la culasse.
Pour plus de précisions sur le Charleville modèle 1777,
modifié An IX, consultez cet article.
Sabre
Seuls les sous-officiers, les grenadiers et les tambours portent le sabre.
Les officiers portent l'épée et les sapeurs des sabres spécifiques.
Les sous-officiers portent un baudrier de sabre équipé de deux
emplacements pour le sabre et la baïonnette. Leur baudrier de giberne
ne comporte pas de porte-baïonnette. Les deux baudriers sont attachés
à l'arrière de l'habit ou de la capote pour éviter le
ballottement.
En théorie, les caporaux portent un baudrier de sabre sans porte-baïonnette,
comme les tambours, afin de réaliser les mêmes gestes que les
soldats lors du chargement. Il est impossible d'assurer que cette disposition
ait jamais été appliquée.
Lorsque vous fabriquez votre uniforme et votre équipement, efforcez-vous d'utiliser les mêmes matériaux qu'à l'époque. N'utilisez que du tissu naturel (laine, lin, calicot, coton - pas trop de coton, le plus souvent remplacé par le lin !). Même remarque pour les objets, comme les boutons. Les boutons en aluminium ou en plastique doivent être bannis. Les boutons en bois, en corne, en métal ou couverts de tissus feront parfaitement l'affaire.
Pour les accessoires, recherchez des objets d'aspect authentique (assiettes, bols, coutellerie, lunettes, etc.). N'utilisez pas la cantine de fer blanc moderne de l'armée, d'aspect trop anachronique. Les magasins d'antiquités et les sociétés spécialisées dans la reconstitution historique et l'histoire vivante vous fourniront tout ce que vous désirez.
Le choix du cuir constitue un point important. N'utilisez pas du cuir moderne "plastifié" ou "vernis" mais de la vraie peau de buffle. Elle coûte un peu plus cher et doit être blanchie fréquemment mais elle a bien meilleur aspect. Beaucoup plus souple, elle est aussi plus confortable à porter et rend les activités plus agréables.
Une dernière remarque concernant la couture : bien entendu, il va de soi que tous les vêtements de l'époque étaient cousus à la main. Vous vous attendez à ce que je vous encourage à faire de même ? Eh bien, en fait, vous vous en tirerez très bien avec des pièces cousues à la machine car le point de l'époque était si petit et si régulier qu'il ressemble à du travail réalisé à la machine. Un bon compromis : cousez à la machine les endroits les plus discrets et réalisez à la main les emplacements les plus visibles.
Je pourrais vous en dire beaucoup plus mais contentez-vous de garder un conseil à l'esprit : faites appel à votre bon sens et, en cas de doute, contactez quelqu'un qui sait, ou qui connaît quelqu'un qui sait. ;-)
Bonne chance !
Illustrations Bill Teefy.